(La Nouvelle République)-L’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED) a publié ses premières estimations des comptes nationaux pour l’année 2025, mettant en évidence une économie togolaise qui demeure globalement dynamique.
Selon ces données, le produit intérieur brut (PIB) nominal du Togo atteindrait 6 919,1 milliards de FCFA en 2025, contre 6 453,6 milliards de FCFA en 2024, soit une progression de 7,2 %. En termes réels, le PIB s’établirait à 5 649,2 milliards de FCFA, confirmant une croissance de 6,3 %, légèrement en baisse par rapport à 6,5 % en 2024, tout en restant à un niveau soutenu dans un contexte régional et international encore incertain.
Une croissance globale soutenue
Cette performance traduit la continuité d’une dynamique économique robuste depuis la reprise post-COVID-19, avec une croissance moyenne annuelle estimée autour de 6,3 %. L’économie togolaise confirme ainsi sa résilience face aux chocs externes, notamment les tensions géopolitiques, les fluctuations des prix internationaux et les incertitudes financières globales. Cette trajectoire positive s’inscrit dans les objectifs de transformation structurelle portés par les politiques publiques nationales.
La croissance observée en 2025 intervient également dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, qui vise à renforcer la diversification de l’économie et à stimuler les secteurs productifs. Les investissements publics dans les infrastructures, l’énergie et les services logistiques continuent de jouer un rôle structurant dans cette dynamique.
Par ailleurs, la stabilité macroéconomique relative du pays contribue à soutenir l’activité économique globale. Les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et renforcer l’attractivité du territoire participent également à la consolidation de cette trajectoire de croissance.
Dans ce contexte, la structure de la croissance reste largement portée par la demande interne, soutenue par la consommation des ménages et les investissements. Cette orientation reflète une économie en cours de transformation, où les moteurs domestiques jouent un rôle de plus en plus central.
Enfin, la tendance observée confirme une certaine capacité d’adaptation de l’économie togolaise, qui parvient à maintenir un rythme de croissance soutenu malgré les contraintes externes et internes.
Des performances sectorielles contrastées
L’analyse sectorielle montre que l’ensemble des grands secteurs contribue positivement à la croissance, mais avec des dynamiques différenciées selon les branches. Le secteur primaire enregistre un ralentissement, avec une croissance de 4,2 % en 2025 contre 5,7 % en 2024, principalement portée par les activités agricoles et agro-sylvicoles.
Malgré ce ralentissement, le secteur primaire demeure un pilier essentiel de l’économie nationale, tant pour la sécurité alimentaire que pour l’emploi. Les performances restent globalement positives, bien que moins dynamiques que les années précédentes.
Le secteur secondaire, quant à lui, confirme sa bonne orientation avec une croissance de 7,5 %, en légère progression par rapport à 2024. Cette performance est tirée par la construction, les industries extractives et la fabrication de matériaux de construction, qui affichent des résultats particulièrement dynamiques.
Le secteur tertiaire conserve son rôle de principal moteur de la croissance économique, avec une progression de 7,0 %. Les branches des transports, de l’information et de la communication ainsi que du commerce enregistrent des performances remarquables, tandis que certaines activités comme l’administration publique et les services financiers exercent un effet modérateur.
Dans l’ensemble, les estimations de 2025 confirment la solidité de la trajectoire économique du Togo, marquée par une croissance soutenue et une diversification progressive des moteurs de l’activité. Malgré les disparités sectorielles et les contraintes de l’environnement international, l’économie nationale demeure résiliente et portée par la dynamique des secteurs productifs et des investissements publics et privés.
Gabriel BLIVI
