(La Nouvelle République)-L’économie de l’Afrique subsaharienne devrait poursuivre sa progression en 2026, malgré un environnement international difficile. La Banque mondiale prévoit une croissance régionale de 4,3 %, contre 4,1 % en 2025, soit une révision à la hausse de 0,3 point par rapport à ses prévisions d’avril.
Dans sa nouvelle édition du rapport économique semestriel consacré à l’Afrique subsaharienne, publiée le 6 octobre 2026, la Banque mondiale explique cette amélioration par une stabilité macroéconomique renforcée, une demande intérieure plus soutenue ainsi que par les investissements liés à la transition énergétique et aux technologies numériques. Le rapport relève toutefois plusieurs risques, notamment les tensions géopolitiques, les chocs climatiques, les catastrophes naturelles et les conditions financières plus strictes.
Transformer la croissance en emplois
Pour l’institution, le défi consiste désormais à convertir cette progression en emplois et en opportunités économiques. La croissance actuelle demeure insuffisante pour réduire fortement l’extrême pauvreté et absorber une main-d’œuvre en rapide expansion.
Le rapport consacre ainsi une attention particulière à l’intelligence artificielle, considérée comme un levier susceptible d’accroître la productivité, d’améliorer les services et de favoriser la création d’emplois. La plupart des pays africains restent cependant aux premiers stades de son adoption.
La Banque mondiale encourage surtout le recours à des applications d’IA accessibles et adaptées aux besoins locaux, notamment dans l’éducation, l’agriculture, la santé, la finance, la logistique et l’administration publique. Leur développement suppose toutefois des données de qualité, une électricité fiable, une connectivité abordable et des compétences numériques suffisantes.
Selon le rapport, ces conditions, combinées à des institutions solides et à une coopération régionale renforcée, pourraient permettre à l’Afrique de mieux tirer parti de l’IA et de transformer sa croissance en emplois plus nombreux et de meilleure qualité.
Gabriel BLIVI
